Cette magnifique paire de candélabres en bronze doré d'époque Empire nous présente, en terme de dorure et de ciselures, l'excellence des maîtres bronziers (ciseleurs, doreurs) français sous le premier Empire.

À l'heure où les superlatifs sont utilisés de façon excessive pour présenter des pièces "classiques" , il convient pour cette paire de candélabres d'en usiter quelques uns.

La superbe dorure d'origine et ses contrastes mats et brillants, sont caractéristiques de celle de Claude Galle. 

À l'instar de François Rémond, Claude Galle possède une dorure facilement reconnaissable par les amateurs. Tout comme certains connaisseurs situent un vin par le biais de sa robe.

Si Claude Galle peut être identifiable grâce à sa dorure, il en est tout autant par sa façon artistique de réaliser ses personnages. Ces derniers expriment toujours le mouvement, leurs aspects sont élancés.

Comme le notaient Ottomeyer et Pröschel dans Vergoldete Bronzen, vol. I :

"le style de modelage du corps spécifique à Claude Galle, est caractérisé par une élongation maniériste des proportions et un effort pour exprimer l'émotion dans la posture et l'expression du visage"

Les deux personnages de cette paire de candélabres, l'Amour et Psyché, expriment parfaitement cela. L'expression des sentiments est subtilement retranscrite, on ressent la pudeur et l'attirance des amoureux les plus célèbres de la mythologie.

Psyché, le regard porté sur le papillon qu'elle tient entre ses mains, evoquant la pureté de l'âme et l'innocence.

L'Amour épiant la belle, cachant la flèche magique dans son dos, ne sachant plus s'il doit s'en servir. 

Chaque personnage se tient à côté d'une magnifique torchère formant la base des quatre bras de lumière. 

Le socle triangulaire à côté incurvés, ciselé de lampes à huile, rameaux d'olivier, lotus et dauphins. Les côtés à pans coupés se terminant par des pieds griffes. 

 

Cette paire de candélabres est dans un parfait état de conservation, magnifique dorure d'origine. 

 

L’histoire d’Éros et Psyché peut se lire comme une allégorie de l’âme partagée entre l’amour charnel et l’amour divin .

Aimant la mythologie et ses légendes, j'aimerais vous résumer l'histoire de ce couple légendaire, tel qu'Apulée nous la narra :

 

Il était une fois(histoire de pouvoir la conter à vos enfants) , dans un royaume lointain, un roi et une reine qui avaient trois filles aussi belles que gracieuses. La plus jeune était d’une beauté si extraordinaire, si merveilleuse, qu’il n’y avait pas de mots pour l’exprimer. Les hommes subjugués par la jeune Psyché en oubliaient le culte de Vénus, déesse de l’amour et de la beauté. Celle-ci fait alors appel à son fils Cupidon pour se venger de l’affront. Mais le dieu lui-même succombe au charme de l’innocente princesse : s’est-il blessé par mégarde avec l’une de ses propres flèches ou la pureté d’âme de Psyché a-t-elle triomphé ?

Toujours est-il qu’au lieu de livrer la princesse en mariage au plus misérable des mortels, comme le lui a ordonné sa mère Vénus, Cupidon fait enlever Psyché dans les airs et l’installe dans son palais enchanté, où tout n’est qu’or, luxe et volupté. Des voix impalpables sont à l’écoute des moindres envies de la jeune fille ; chaque nuit, son mystérieux époux la comble de bonheur. Elle se trouve rapidement enceinte. Mais sa famille lui manque. Elle obtient de revoir ses parents et de faire venir ses sœurs, à condition de ne jamais chercher à voir le visage de son mari.

Bien sûr, ses sœurs envient tout de suite sa vie digne d’une déesse. Elles insinuent que son époux n’est qu’un monstre, si épouvantable qu’il craint d’être vu. Psyché, torturée par le doute, veut en avoir le cœur net. Munie d’une lampe à huile pour éclairer la bête et d’un poignard pour la tuer, elle surprend Cupidon dans le premier sommeil après l’amour. Et c’est l’éblouissement ! Mais une goutte d’huile tombe de la lampe et le dieu blessé disparaît pour toujours.

Suivent de longues errances pour Psyché éplorée : elle cherche du secours auprès de Junon, puis de Cérès, et finalement se livre à Vénus. Elle devient l’esclave de sa "belle-mère" qui la fait fouetter et la soumet à des épreuves dignes des exploits d’Hercule : après avoir trié des montagnes de graines et rapporté la laine d’or de brebis anthropophages, elle doit recueillir les eaux du Styx, le fleuve infernal, à sa source. Pour finir, il lui faut encore descendre aux Enfers demander à Proserpine, l’épouse de Pluton, souverain du royaume souterrain, le secret de sa beauté, enfermé dans une boîte donnée par Vénus.

Belle et aimable comme elle est toujours, Psyché ne manque pas d’aides : des fourmis, des arbres et rivières, une tour et même l’aigle de Jupiter lui offrent spontanément leurs services. Cependant, la princesse cède à la légendaire curiosité féminine, bien connue depuis Pandore, et ouvre la boîte de Proserpine : elle libère ainsi des vapeurs mortelles qui la plongent dans un profond sommeil, mais Cupidon vient la ranimer en la touchant de la pointe d’une de ses flèches. Le jeune dieu amoureux obtient de Jupiter que son épouse soit accueillie à la table des dieux sur l’Olympe. Psyché y consomme nectar et ambroisie qui la rendent immortelle : elle jouit désormais d’une félicité éternelle aux côtés de son dieu.

 

Je suis sûre que cette belle histoire vous a fait penser à d'autres, plus modernes, chez Disney et consorts. 

 

Cette paire de candélabres illustre parfaitement une des scènes de cette histoire. L'avez-vous trouvée? 

L'Amour, venant exécuter l'ordre de sa mère, tombe sous le charme de la beauté et la pureté de Psyché. 

 

Claude GALLE (1759-1815):

Considéré comme l'un des plus importants bronziers de la fin du XVIIIème siècle et du début du XIXème siècle, Claude Galle est aujourd'hui une référence du bronze de style néoclassique. Dès le début de sa carrière, il devient collaborateur de fondeurs célèbres comme Antoine-André Ravrio et Jean Hauré. Cela lui permet de participer à l'élaboration de bronzes destinés au mobilier de la couronne. Sous le Consulat, il devient rapidement le concurrent principal de Philippe Thomire. Il fournit le garde-meuble impérial, meublant ainsi les châteaux de Compiègne et de Fontainebleau. Prenant sa retraite en 1813, il est remplacé par son fils Gérard-Jean. Ces objets autrefois très appréciés des Anglais et des Russes, ont inspiré des bronziers tels que Andreï Voronikhin (1759-1814) et Friedrich Bergenfeldt (1768-1822).Il meurt en 1815 après avoir réalisé des œuvres qui font la fierté de grandes collections.

 

Comme pour la plupart de mes objets et mobilier d'art, je suis très attentive à pouvoir vous les proposer dans une valeur très basse d'estimation d'expert.

 

Mes photos sont prises à la lumière naturelle, sans pas