Importante paire de candélabres en bronze doré et finement ciselé, d’époque Empire/Restauration, circa 1815-1820, agrémentée d’une magnifique dorure d’origine mise en beauté par un savant travail des mats et des brunis, attribuée à Pierre-Philippe Thomire.

Ces candélabres représentent pour l’un, le dieu grec Dionysos, et pour l’autre, son épouse, la princesse Ariane.

 

D’une main, Dionysos, vêtu d’un chiton court et d’une nébride, arborant une couronne de feuilles et grappes de raisin dans sa chevelure, tient une thyrse soutenant quatre bras de lumière ( le cinquième étant le haut de la thyrse ). De l’autre main, le dieu grec retient une grappe de raisin.

Les bras de lumière,richement décorés ,offrent à nos yeux tous les attributs du dieu de la vigne: ils s’amorcent par une large feuille d’acanthe pour être ensuite ciselés d’écailles et accueillir un généreux rinceau de feuilles de vigne et grappes de raisin. À l’arrivée vers les bobèches moletées de croisillons, des coupelles au décor de palmettes et bouquet de fleurettes les soulignent.

 

Je me permets de retenir votre attention sur cette partie des candélabres : la ciselure de tous ces éléments est d’une grande précision, que peu de bronziers de l’époque pouvaient atteindre.

 

Ariane adoptant une posture similaire à celle de Dionysos, tout comme lui, d’une main, soutient une thyrse de laquelle se dégagent quatre bras de lumière ( et un cinquième dans le haut de là thyrse ). De l’autre main, elle tient une belle tazza ( coupe, récipient ). La princesse porte également un chiton long, et une couronne de feuilles et grappes de raisin décore sa chevelure.

 

Chacun d’eux repose un pied sur une sphère émergeant d'une corolle feuillagée et une base ovoïde à décor d'écailles et palmettes stylisées, terminée par un socle à section carrée.

 

Les bronziers les plus talentueux du début du XIXe siècle reprirent le thème et l’esthétique de ces candélabres dans des variantes différentes. 

Il est aisé de rapporcher cette paire de candélabres de deux autres livrées par Louis-Isidore Choiselat ( voir référence dans la bibliographie ) tout en gardant à l'esprit la grande similitude des ciselures de Choiselat et Thomire. 

Thomire Duterme, à la fois fabricant et revendeur, collaborait avec Choiselat et Rabiat dont il vendait la production à sa prestigieuse clientèle. Ainsi, certaines paires de candélabres executées par l'un ou l'autre des collaborateurs de Thomire lui étaient automatiquement attribuées. C'est le cas d'une paire de candélabresprésentée dans ma galerie: attribuée à Thomire Duterme, et signée Rabiat.

 

Dionysos 

Étymologiquement « Zeus de Nysa ».

Il est le fils adultère de Zeus et Sémélé.

 

Trompée par Héra qui se présenta à elle sous les traits de sa nourrice, Sémélé demanda à Zeus de se montrer à elle dans son olympienne majesté. Ce que fit le dieu, pour lui complaire. Mais, incapable de supporter la vue des éclairs qui environnaient son amant, elle périt consumée par les flammes qui s’échappaient de la personne de Zeus.

Celui-ci s’empressa d’arracher l’enfant qu’elle portait dans son sein, et qui n’était encore qu’au sixième mois. Il l’enferma aussitôt dans sa cuisse. Lorsque le terme vint, il l’en sortit à l’aide d’Ilithye, parfaitement vivant. C’était le petit Dionysos, le dieu "deux fois né".

 

Sa représentation évolue en même temps que sa légende. Il fut d’abord figuré comme un homme barbu, dans la force de l’âge. Puis, comme un éphèbe imberbe, au port efféminé, présentant la nudité délicate de son corps d’adolescent recouvert à demi d’une nébride ( peau de panthère ou de faon ) ou portant une robe longue comme en portaient les femmes.

Sa tête, à la longue chevelure bouclée, est couronnée de pampre et de grappes de raisin ; il tient d’une main le thyrse et de l’autre des raisins ou une coupe.

 

Aussi ses attributions s’étendirent-elles à mesure que sa physionomie s’enrichissait de nouveaux apports. À l’origine, Dionysos était simplement le dieu du vin. Il devient ensuite le dieu de la végétation et de la chaleur humide ; puis, il apparu comme le dieu des plaisirs, comme le dieu de la civilisation.

 

Dans la mythologie grecque, Dionysos voyagea beaucoup, même jusqu'en Inde, et répandit son culte dans toute la Grèce

 

C’est en arrivant sur l’île de Naxos,où le dieu demeura un moment, qu’il tomba amoureux d’Ariane et l’épousa ( après que Thesée l’eut abandonnée).

Quand Ariane mourut, Dionysos transforma son diadème de mariage en constellation Couronne boréale en sa mémoire.

 

Ariane 

Selon l’ancienne graphie, Ariadne est, dans la mythologie grecque, la fille du roi de Crète Minos (fils de Zeus et d’Europe) et de Pasiphaé (fille d’Hélios, dieu du soleil).

Ariane est évoquée dans l’Iliade comme étant une princesse mortelle.

 

Les deux formes principales de son nom se rattachent à une racine : « être/rendre agréable » représentée en grec par le verbe handánein « être agréable, agréer ». Ariane « très agréable » répond à Dionysos hědistos theǒn « le plus agréable des dieux ». Cette désignation peut être celle d'une déesse du foyer domestique.

 

Séduite par Thésée, elle l’aide à s'échapper du Labyrinthe. Grâce à son secours, en effet, Thésée obtient la victoire sur le Minotaure : contre la promesse de l'épouser, elle lui fournit un fil qu'il dévide derrière lui afin de retrouver son chemin. Mais, après avoir tué le Minotaure, le héros l'abandonne sur l'île de Naxos. 

À partir de là, les versions divergent tant pour ce qui concerne la cause de la conduite de Thésée que pour le sort ultérieur d'Ariane.

 

Dans une version, elle quitte finalement l'île pour suivre le dieu Dionysos, qui l'emmène à Lemnos. Elle a de lui plusieurs enfants dont Céramos, Thoas, Œnopion, Eurymédon, Phlias, Préparathos et Staphylos. Selon d'autres traditions, elle meurt de chagrin. Selon Homère, elle est tuée à Naxos par une flèche d'Artémis, sur ordre de Dionysos jaloux, sans avoir eu d'enfants de lui. 

 

BIBLIOGRAPHIE 

- Marie-France Dupuy-Baylet, "Les Bronzes du Mobilier National 1800-1870 - l'Heure, le Feu, la Lumiére", 2010, no. 140, illustrant une paire comparable de candélabres en bronze doré à douze lumières d’environ 1821 et d’une taille plus importante, livrée au Palais des Tuileries et enregistrée en 1824 dans l’appartement de la duchesse de Berry.

-Marie-France Dupuy-Baylet, "Les Bronzes du Mobilier National 1800-1870 - l'Heure, le Feu, la Lumiére", 2010, no. 144, illustrant une paire de candélabres à six bras de lumière, en bronze à double patine brune et dorée, dont les détails des bras de lumière et de l'ensemble du socle sont très proches de mes candélabres.`

 

Thomire/ Choiselat: importante paire de candélabres en bronze doré, début XIXe

7 800,00 €Prix
  • DIMENSIONS

    Hauteur: 71 cm

    Largeur bras de lumière: 24 cm

    Lageur socle: 12,5 x 12,5 cm

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