Tout marchand d'art et Antiquaire serait, comme je le suis, très fier de pouvoir vous présenter une œuvre mobilière comme cette magnifique console aux griffons d'époque Consulat attribuée à Adam Weisweiler pour la partie ébénisterie et Lucien François Feuchère pour les bronzes.
Une " pièce de Musée" ! 
L'attribution à Weisweiler n'a pas été aisée, cette magnifique console aurait très naturellement pu être attribuée à Jacob Desmalter ou encore à Charles Lemarchand. 
En effet, une console aux griffons similaire (vierge de bronze) fût livrée par Jacob Desmalter en 1802 à l'hôtel de la rue de la Victoire à Paris, puis placée en 1806 au palais de Rambouillet, dans le deuxième salon de l'impératrice. Cependant les jarrets sont légèrement plus "épais" que sur notre modèle.
Autre console très similaire, celle livrée par Charles Lemarchand au château de la Malmaison vers 1800, les jarrets de lion, les ailes et la structure de notre console y sont retrouvés, les têtes de griffons sont remplacées par des bustes féminins ailés. 
Beaucoup de recherches, ainsi que l'avis d'autres spécialistes, ont rapproché la forme des jarrets, des griffes, des ailes ainsi que l'harmonie et l'esthétisme de notre console, à la production d'Adam Weisweiler pendant la période du Consulat et de l'Empire. Comme celle estampillée par Weisweiler (qui comme Pierre Antoine Bellangé, estampillait à peine un quart de sa production) vers 1800, achetée par le prince Esterhazy, aujourd'hui conservée au musée des arts décoratifs de Budapest. 
Les bronzes dorés, d'une finesse exceptionnelle ont pu, quand à eux, être facilement attribués à Lucien François Feuchère, avec son style très représentatif. On retrouve d'ailleurs les bronzes à l'aplomb des têtes des griffons sur une pendule signée par Feuchère, Psyché couronnant l'Amour. Les palmettes et la couronne se retrouvent sur un guéridon livré à Versailles, au grand Trianon et dont les auteurs étaient Lucien-François Feuchère pour les bronzes et Adam Weisweiler pour l'ébénisterie. 
Ce guéridon, de part la sculpture des jarrets ainsi que ses bronzes dorés, correspond parfaitement aux ciselures et à l'harmonie de notre console. 
Weisweiler, qui travaillait principalement avec Pierre Philippe Thomire pour les "grosses ornementations", appréciait particulièrement le travail de Feuchère et collabora souvent avec ce dernier pour produire des modèles plus "raffinés".
Entre 1804 et 1809, la production de mobilier Empire de Weisweiler connut une activité très importante, si l'on se reporte aux sommes dues par Thomire et Duterme, énoncées dans l'inventaire, après décès de Weisweiler. 
Peu de meubles sont parvenus jusqu'à nous, et l'identification totale aux principes mis en œuvre par les ornemanistes ne permet plus de les distinguer comme auparavant. 
Presque tous les meubles d'Adam Weisweiler ont un passé important, tous ont fait partie de collections connues, ou sont supposés avoir appartenu à des personnages importants de l'Empire (principalement l'Empereur, la reine Hortense, le maréchal Berthier,...). 
D'ailleurs, on ne sait pas si Weisweiler continua à travailler avec Lignereux. Il est fort probable qu'il devienne marchand à partir de son installation rue des Tournelles en 1797, assurant ainsi l'exécution et la vente de sa production. 
Devenu quasiment dépendant des commandes de Thomire-Duterme, sa production s'en ressent de part le renouveau insufflé par ces commanditaires.
Toutefois, Weisweiler se perd dans l'uniformité de la production Empire, sans parvenir à créer un style propre, comme il avait su le faire entre 1778 et 1790. 
Le Mobilier Empire d'Adam Weisweiler n'en demeure pas moins sublime. 
Je vous laisse apprécier les détails des griffons, jusqu'à la sculpture des langues de ces derniers, particulièrement impressionnantes. 
La dorure de ceux ci, à la feuille d'or vient magnifier un superbe acajou de Cuba. 
Le marbre noir de Belgique d'origine, en excellent état vient compléter cette œuvre. 
État exceptionnel... pour une pièce exceptionnelle ! 

Si vos recherches et votre sensibilité vous font attribuer cette magnifique console à Jacob-Desmalter ou à Charles Lemarchand, comme certains autres experts que j'ai consultés, je vous comprendrais tout à fait. 


 

A.weisweiler Et L.f. Feuchère: Exceptionnelle Grande Console d'époque Consulat-e

19 000,00 €Prix
  • Dimensions


    Longueur :  116 cm
    Hauteur   :     93 cm
    Profondeur : 46 cm 

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    BIBLIOGRAPHIE :
    - Weisweiler, Maurice Segoura, Editions d'art Monelle Hayot. 
    - Mobilier Français Consulat et Empire, Jean pierre Samoyault. 
    - Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle - Pierre Kjellberg - Les Editions de l'Amateur - 2002
    - Les ébénistes du XVIIIe siècle - Comte François de Salverte - Les éditions d'Art et d'Histoire - 1934
    - Les ébénistes du XVIIIe siècle français - Collection Connaissance des Arts "Grands Artisans d'Autrefois" 

  • ADAM WEISWEILER (1744-1820)

    Reçu Maître ébéniste le 26 mars 1778 : Classé parmi les ébénistes les plus remarquables de son époque, Adam Weisweiler se démarque par ses meubles de fantaisie, repris d’après l’Antique.
    Né à Nieuwied-sur-le-Rhin, près de Coblentz, Weisweiler est initié au métier d’ébéniste dans les ateliers de David Roentgen. Il s’installe rue du Faubourg Saint-Antoine en 1777, lorsqu’il se marie. Une fois devenu maître, il développe une grande notoriété. Il va recevoir de nombreuses commandes de la Cour, par le biais du marchand-mercier Dominique Daguerre, pour lequel il livre ses ouvrages de manière régulière. Au cours de la Révolution, Weisweiler achète plusieurs immeubles. En 1797, il quitte le Faubourg Saint-Antoine pour la rue des Tournelles où il possède une boutique dans laquelle il va poursuivre ses activités d’ébéniste. Peu après le décès de sa femme en 1809, son fils unique Jean, qui travaille jusque-là avec lui, est interné dans un asile psychiatrique. A cette époque, Weisweiler est mentionné comme un ancien ébéniste.
    D’une grande diversité de formes et de matériaux, l’œuvre de Weisweiler n’en présente pas moins une grande unité – visible au cours des quinze années fécondes de l’ébéniste. Illustratrice du style dit « pompéien », sa manière se caractérise, par la plus belle des qualités mais aussi par son originalité. On lui prête des œuvres réalisées dans le meilleur goût et tout en habileté. Pour la structure de ses meubles, Weisweiler opte pour la légèreté, la simplicité et la rigidité. Ses meubles conjuguent la passion de l’antiquité et les attributs légués par les règnes précédents. Weisweiler aime les pieds en forme de colonnes, qui s’amincissent vers le sol et qu’il termine par des motifs inspirés de l’architecture antique. Des croisillons d’entrejambe renforcent souvent la fragilité de ses œuvres. 
    Expert en ébénisterie, il favorise les bois précieux de chêne, d’acajou, d’ébène, d’amboine ou de thuya, sélectionnés parmi les essences de premier choix, qui mettent en valeur les lignes simples de ses meubles. Il y ajoute des baguettes de cuivre, souvent au niveau des pieds auxquels il donne des allures de colonnes doriques. S’il réalise très peu d’ouvrages en marqueterie, Weisweiler affiche dans les éléments décoratifs de ses œuvres une prédominance des plaques en porcelaine de Sèvres ou de Wedgwood ainsi que des panneaux en laque ou en corne rouge. Elève de Roentgen, il conserve de lui le goût des meubles à mécanisme ingénieux et des bureaux à secrets. Il se caractérise enfin par des meubles souvent de très petites dimensions comme le guéridon ou encore le bonheur-du-jour, toujours dessinés avec une extrême rigueur tout en légèreté.

  • LUCIEN-FRANÇOIS FEUCHÈRE (1766-1841)

    Maître bronzier et Maître doreur. Fils de Pierre François Feuchère 
    Compagnon doreur auprès de son beau-père Chéron auquel il succède comme maître en 1763. 
    Ses oeuvres en bronze (décorations de meubles, pendules, appliques, candélabres, etc ) sont encore particulièrement cotées, comme celles de son père. Son atelier rue N.D. de Nazareth fournissait le garde-meuble impérial et aurait compté plus de 150 artisans et ouvriers. Son fils Armand et son gendre Fossey poursuivront après lui la tradition familiale de fondeur et doreur.

© 2020 Géraldine Buisson, tous droits réservés