Magnifique paire de chaises en acajou, dotées d'un dossier ajouré à motif de lyre, la ceinture arrondie en "fer à cheval" sculptée de fleurons dans des dais de raccordement. Elles reposent sur des pieds fuselés à cannelures rudentées.

Chacune estampillée de Georges Jacob et portant les étiquettes d'origine : «Pour Monseigneur le Duc d’Orléans au Rincy... ». 

Ici, le nom de "Duc d'Orléans" s'apparenterait sans doute à Louis-Philippe avant qu'il ne devienne roi en 1830.

 

Georges Jacob et Claude I Séné furent les précursseurs de ces dossiers à la lyre au XVIIIe siècle.

 

Garniture de crin noir. 

Exceptionnel état de conservation. 

 

Louis Philippe d'orléans fut historiquement avec le Comte d'Artois un des plus quantitatifs clients de Georges Jacob. 

 

 

Histoire du Château :

Le nom du Raincy (Rincy, Rincie,...) apparaît pour la première fois au XIIème siècle dans une charte des moines Bénédictins  de l’abbaye de Tiron  qui établirent le prieuré Saint Blaise sur nos terres. L’origine du nom du Raincy a de multiples interprétations : Rinsiacum  signifiant « branches entrelacées » ou Rain  signifiant «lisière»  ou encore reincendere  « brûler à nouveau». Quelle que soit l’étymologie retenue, le nom rappelle que le territoire faisait alors partie du domaine de la célèbre et mystérieuse Forêt de Bondy.

Au fief d’origine du XVème siècle, manoir et terre du premier seigneur du Raincy, Nicolas Julien, va succéder fin XVIIème siècle, un domaine princier d’un goût nouveau, écrin d’une vie aristocratique qui fit honneur à la France. Entre 1642 et 1655, sur la propriété, agrandie, d’un homme de finances, conseiller du roi et seigneur de Bondy, Jacques Bordier, un château et un parc furent aménagés par des maîtres d’œuvre  qui acquerront  une notoriété royale : Louis Le Vau pour l’architecture, Charles Le Brun pour la décoration intérieure et André Le Nôtre pour le jardin à la française. Avant Vaux le Vicomte et Versailles, fut édifié  le Château  du Raincy dont la plaque du 100 Avenue de la Résistance situe l’emplacement. Le domaine, très prisé pour son goût novateur, eut  ensuite plusieurs riches propriétaires éclairés : Anne de Gonzague de Clèves, Princesse palatine, et le Comte de Livry qui en firent un haut lieu de la culture classique puis de fêtes ; ainsi le 29 novembre 1664 Molière vint y présenter « son » Tartuffe pour la première fois.

 

En 1769, la maison d’Orléans acquiert la propriété. Le Duc d’Orléans, petit-fils du régent puis son fils (qui deviendra  Philippe Egalité) créent un célèbre parc à l’anglaise de renommée nationale. Un  paysagiste  amateur, Pottier, achemina l’eau qui manquait au domaine par aqueducs,  aménagea des chemins sinueux, des pièces d’eau (actuel étang du  Lycée), une rivière, des rochers, des grottes, des bosquets et des plantations.

 

De 1786 à 1793, l’embellissement du parc, un parc à « fabriques », toujours à la mode anglaise, se poursuit avec grandeur et minutie sur  plus de 200 hectares. L’architecte anglais Thomas Blaikie  édifia un « village anglais », une ferme avec sa grange (actuelle Eglise Saint Louis) et son colombier. Ailleurs étaient implantés une vacherie, une laiterie, une orangerie, des écuries, un chenil (actuellement les Tourelles), la maison du jardinier Spiring (la maison du régisseur), et des maisons de gardes (actuellement sur la commune des Pavillons sous Bois). On y créa des constructions pittoresques à la fois utiles et décoratives imitant des isbas d’où leur nom «  Maisons Russes » (première Mairie du Raincy). Les précieuses gouaches de Carmontelle, architecte-peintre apprécié du duc, représentent fidèlement les lieux.

 

Sous la Révolution, les insurgés dégradent le château pour récupérer des métaux destinés aux munitions. En 1793, le domaine  devient propriété nationale et établissement rural d’élevage. Mal géré, l’ensemble se détériore : le château se vide de son mobilier et de  ses objets, le parc de ses animaux familiers et du gibier. Le Directoire décide de vendre le domaine en faillite qui fut racheté par un des petits-fils du marquis Sanguin de Livry, ancien propriétaire.

 

En 1802, le munitionnaire Ouvrard, une des plus grosses fortunes de l’Empire, reconstruisit  une demeure de style gréco-romaine sur les plans de l’architecte à la mode Berthault à l’emplacement de l’ancien château en partie démoli. La propriété retrouva un moment son faste avec banquets et chasses pour des invitées connues telles Mesdames Récamier et Tallien.

 

En 1812, l’Empereur Napoléon rachète le château pour en faire un rendez-vous de chasse, mais l’absence de gestion et les guerres successives ruinent ce domaine,  qui sera occupé par les coalisés en 1814.

 

Entre 1815 et 1830, sous la Restauration, le fils de Philippe Egalité retrouve cette propriété familiale. Le château est si délabré qu’il doit être en partie détruit ; en 1819, seules subsistent les colonnes du grand pavillon de Berthault  et l’aile du château de Le Vau : Louis Philippe d’Orléans devra donc  séjourner dans les Maisons Russes.

 

En 1830, la Monarchie de Juillet fait de lui le dernier monarque « Roi des Français » : Louis Philippe règnera jusqu’en 1848, date à laquelle le parc est complètement saccagé et le château totalement démoli, victimes d’éléments extrémistes venus des environs.

 

La II ème République instaurée, le domaine est confisqué par l’Etat et devient propriété nationale

Georges JACOB /Duc d'orléans : Paire de chaises estampillées et étiquetées

5 800,00 €Prix
  • DIMENSIONS

    Hauteur: 88,5 cm

    Hauteur assise: 46 cm

    Largeur: 48 cm

    Profondeur: 52 cm

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